Le courage de vivre heureux / heureuse

Lorsque nous faisons les magasins de vêtements, nous trouvons souvent la même chose, avec les mêmes couleurs, sous prétexte que c’est la mode et que c’est tendance.
Il suffit de regarder les quais de gare en hiver pour s’en rendre compte : du gris foncé et du noir. Si une personne a le malheur de mettre un manteau avec de belles couleurs vives, tout le monde la regarde avec un regard moqueur voire méprisant.
Peu de temps avant l’été, les magazines ressortent les mêmes couvertures avec les fameux régimes pour perdre du poids et se sentir belle à la plage. Bien sûr la perte de poids, ne concerne que la femme. Et il est évident que pour vivre heureux il faut plaire à des inconnus qui ne s’intéressent pas à nous.

La technologie avance à grands pas. Si, en tant que chef/cheffe d’entreprise, nous n’avons pas de belles voitures, nous sommes considérés comme incompétents. Pas de voiture, pas d’argent. Pas d’argent, pas de clients. Pas de clients, pas de compétences.
Logique fondée sur aucun élément factuel.

Lorsqu’une personne a un poste considéré comme plus important que les autres, nous ne l’appelons pas par son nom mais par sa qualification : Monsieur Le Ministre, Madame La Présidente, Maître (pour les avocats et avocates), docteur, etc.
Qu’en est-il des autres postes ? Le diplôme ne fait pas tout, le poste ne fait pas tout.
Il n’y a pas de sous-métiers. Dès l’instant où le métier existe, il a son utilité.

Etre heureux, être heureuse dans la société actuelle

Je me suis rendu compte en animant mes ateliers de techniques de recherche d’emploi, que, bien que les revenus soient faible ( RSA, pôle emploi), les gens déployaient une stratégie impressionnante pour acquérir des biens de marque, quand bien même ce soient d’anciennes séries.

Entre les vendeurs sur les marchés, les brocantes et vides greniers, internet, les ventes privées, etc. Lorsque je leur demande pourquoi mettre autant d’énergie pour avoir des produits dont ils n’ont pas besoin, ils me répondent que c’est pour se sentir bien.

Le terme pouvoir d’achat n’est pas anodin. Ce terme donne l’impression d’avoir du pouvoir en achetant.
Comment peut-on se sentir bien quand on dépense le peu que l’on a, pour posséder des biens qui ne sont pas vitaux ? Certaines de ces personnes critiquent le système capitaliste, grâce à qui, selon eux, ils se retrouvent dans la case recherche d’emploi.

Mais concrètement, qu’est ce qui fait que ces entreprises continuent d’exister ? Ces structures pour exister ont besoin d’argent. D’où vient cet argent ? Des consommateurs. De ces  mêmes personnes qui se plaignent du système capitaliste.

Et au final, sommes-nous réellement heureux ?
L’armoire est pleine. Nous suivons le mouvement fashion. Et au final, sommes-nous heureux ?

La peur de rater sa vie

Combien de fois ais-je entendu : «  J’en en ai marre. Tout le monde autour de moi est marié. A une vie rangée. Je suis toujours au même stade.  J’ai peur de rater ma vie et de finir vielle fille. » ?
Concrètement, toutes les personnes mariées avec enfants, maison et chien dans le jardin sont heureuses ?
Avant de dire qu’on a raté sa vie, peut être se demander ce qu’on a fait et pas ce que la société voudrait qu’on fasse.
Combien de personnes vivent heureuses, mange à leur faim sans acheter du superflus ?
Chacun d’entre nous doit choisir le schéma qui lui est propre, pas celui qu’on lui a imposé par sa famille et/ou la société.
La peur de se retrouver face à soi même, avec ses propres choix à faire, ne rassure pas.
On ne rate pas sa vie, si on est dans une optique de se remettre en question, en fonction de ses propres valeurs.

Les gens parleront toujours, autant décider sa vie

Il est plus facile de regarder ce qui se passe chez le voisin ou la voisine, pour éviter de se regarder en face. Ça nous rassure.

Tout au long de nos trois vies, vie privée, personnelle et professionnelle, on nous fait penser qu’il faut suivre un modèle unique pour être heureux.

Si c’était le cas, les anti- dépresseurs n’existeraient pas.

Quoiqu’il arrive, on sera toujours critiqués.

Autant faire ce que l’on souhaite, comme on le souhaite en mettant de côté les personnes qui nous disent le contraire.

Se dire que tout ce qu’on a dit ne nous convient pas, tout remettre en question, est un chemin long mais nécessaire pour se défaire du carcan qu’on a imposé.

Etre heureux, être heureuse, c’est vivre en accord avec ses propres valeurs et prendre le risque que tout ne se passe pas comme prévu.

Etre heureuse, être heureux, c’est prendre le risque de se sentir vivre.  Beya ZERGUINE – Mars 2017